LES BATEAUX DE LĠESPOIR Photographe : Jason Taylor Texte : Audrey Setbon RƒFƒRENCE : 154-50057 Deux ans aprs la mise ˆ flot dĠun second bateau-h™pital, Dominique Lapierre retourne en Inde avec notre photographe Jason Taylor afin de faire un bilan et de rendre compte du succs de ce dispensaire mobil qui redonne un peu dĠespoir ˆ lĠune des population les plus dŽmunie et abandonnŽe au monde celle des ”les des Sundarbans dans le delta du Gange. Dominique Lapierre, lĠillustre Žcrivain franais, auteur de nombreux best-sellers, dont " La CitŽ de la Joie " dŽcouvre lĠInde ˆ lĠ‰ge de 18 ans alors quĠil parcourt le monde en temps que grand reporter pour Paris Match, et tombe amoureux de ce pays o splendeur et tragŽdies se croisent perpŽtuellement. Au pays de Gandhi, Dominique Lapierre dŽcouvre des tres exemplaires qui " ne se plaignent jamais ". Il y dŽcouvre la " vrai joie de vivre " et " le vrai sens des mots courage, amour, dignitŽ, compassion, foi espŽranceÉ " Ce grand Žcrivain franais est plus connu pour sa littŽrature que pour son grand cÏur et ses Ïuvres humanitaires. Pourtant, de confŽrences en confŽrences ˆ travers le monde, il rŽcolte des fonds qui permettront, avec ses droits dĠauteur, de financer des Žcoles, des dispensaires, des puitsÉ ConfrontŽ au destin Žpouvantable des populations habitant aux abords du delta du Gange, il dŽcide de mettre en place un grand projet de bateau humanitaire afin de les aider. Un premier bateau, dŽjˆ sur lĠeau avait ŽtŽ totalement rŽnovŽ et ŽquipŽ dĠappareils radiographiques, dĠune rŽserve de vaccins et dĠune antenne chirurgicale en 1998. Un an plus tard, Dominique Lapierre dŽcide dĠagrandir la flotte de bateaux-dispensaires gr‰ce au " City of Joy II ". Ce centre de soin mobile accueille hommes, femmes et enfants qui sont les premires victimes des caprices de la nature, des cyclones, des maladies courantes, des blessures, des ŽpidŽmies, animaux sauvagesÉ Aucun mŽdecin ne vient sĠinstaller dans cette rŽgion hostile appelŽe " le ventre de lĠenfer ". Les habitants sont abandonnŽs face ˆ la tuberculose (premire cause de mortalitŽ en Inde), au cholŽra, au paludisme, et ˆ toutes les maladies de carences qui font rages dans ces ”les du golfe du Bengale, au large du delta du Gange. AujourdĠhui, gr‰ce aux bateaux-h™pitals, ces personnes vont avoir accs ˆ des campagnes de vaccination, soins, radiographies, et mme opŽrations chirurgicales. DŽjˆ plus de 50.000 dŽshŽritŽs ont ŽtŽ soignŽs. Une goutte dĠeau ? Peut-tre. Mais comme le disait ˆ Dominique Lapierre mre Teresa : " lĠocŽan est fait de gouttes dĠeau ". Notre photographe, Jason Taylor, a suivi Dominique Lapierre lors dĠun de ces voyages en Inde, afin dĠtre le tŽmoin du travail extraordinaire rŽalisŽ par ces hommes et ces femmes qui vouent leur vie ˆ soigner les plus dŽmunis des habitants du Gange. DĠ”le en ”le, les gens attendent le bateau-h™pital pour se faire soigner. Certains pcheurs de crevettes ou cueilleurs de miel sauvage, subissent des opŽrations chirurgicales pour morsures graves. Les chasseurs de tigres nĠosent sĠaventurer dans cette rŽgion trop hostile, et les quelques spŽcimens encore vivants de lĠespce sĠen prennent aux hommes. Les crocodiles, et autres animaux sont Žgalement responsables dĠun grand nombre de blessures qui seront soignŽs sur les bateaux. Les mŽdecins et infirmiers prŽsents ˆ bord se relaient tous les six mois. Ils abandonnent momentanŽment h™pitaux, cabinets et dispensaires pour aller bŽnŽvolement soigner les misŽreux du Gange. Tous les traitements sont administrŽs sur le bateau. Alors que de nombreux enfants souffrant de malnutrition sont examinŽs, une fracture va tre rŽduite. Dans la pice dĠˆ c™tŽ, des radiographies sont prises afin dĠŽtablir un diagnostic. A c™tŽ, une rage de dents est traitŽe. Le rythme des visites est intense. Les patients se succdent du matin au soir. Ce nĠest quĠen fin de journŽe que le bateau jettera lĠancre et que les docteurs pourront prendre un peu de repos. Ces bateaux qui sillonnent le delta du Gange reprŽsentent une lueur dĠespoir pour ces hommes, femmes et enfants qui se savaient perdus ˆ la moindre blessure ou fivre. Pour Dominique Lapierre, " il nĠexiste pas de fatalitŽ, il nĠy a que des dŽtresses ˆ soulager et des gens qui se voilent la face. Chacun peut ˆ sa manire changer la face des choses ". Ce ne sont pas de simples paroles, ce sont des actions concrtes menŽes par une poignŽe de personnes, auprs dĠun peuple dŽlaissŽ par tous, qui nous donnent une leon de courage et dĠespoirÉ