Israeli Women for Peace
La spirale de la violence a eu raison de nombreux espoirs, en Israël, depuis le début de la deuxième Intifada. Aujourd'hui, le "camp de la paix" connaît une importante désaffection et rares sont les Israéliens qui osent encore prôner la nécessité d'un dialogue sans conditions avec les Palestiniens. Malgré le climat de haine, comme chaque vendredi depuis 1988, des dizaines de femmes manifestent toujours à Jérusalem. Et d'autres les imitent à Tel-Aviv, Haïfa et dans une dizaine de villes d'Israël. Elles sont toutes habillées de noir, couleur du deuil qu'elles portent, celui de la paix. Quelques Palestiniennes sont parfois présentes mais ces militantes sont surtout des femmes juives. Toutes les semaines, les " Women in black " font face pendant une heure et brandissent leurs pancartes, exigeant la paix et signifiant leur refus de la politique d'occupation des territoires. La majorité des passants les ignorent, beaucoup les insultent, certains leur crachent dessus. Mais comme les "Mères de la place de Mai" qui les ont inspirées, elles demeurent malgré les orages. De leur côté, les militantes de "Bat Shalom" ("Les femmes pour la paix") poursuivent leurs échanges, permanents depuis 1994 au sein du "Jerusalem link", avec leurs homologues palestiniennes du "Jerusalem Center for Women". Chaque matin et chaque soir, des Israéliennes de "Machsom Watch" se relayent aux "checkpoints" qui cernent Jérusalem. Chaque semaine, elles se déplacent même vers d'autres points chauds comme au poste de Huwara, au sud de Naplouse. Elles viennent pour contrôler la conduite des soldats de Tsahal et veiller au respect des droits des Palestiniens essayant de pénétrer en Israël. Certaines redoutent ces heures passées aux checkpoints, ce qu'elles constatent, les altercations avec les "gardes-frontières", ou les pleurs qu'elles ne peuvent parfois retenir une fois rentrées chez elles. Mais elles reviennent. D'autres femmes, enfin, sont plus que jamais majoritaires au sein d'organisations mixtes comme "B'Tselem", l'Institut d'observation des droits de l'Homme dans les territoires occupés, ou "Ta'ayush", une association organisant des convois pour porter des vivres aux désoeuvrés palestiniens de Cisjordanie. Dans cette société où la femme reste en retrait, à cause notamment du poids des religieux, les pacifistes israéliennes ont commémoré malgré l'hostilité de l'opinion publique le 36ème anniversaire de l'occupation des territoires palestiniens, la semaine du 5 juin 2003, par de multiples démonstrations. Même si l'ambiance générale était plutôt morose et les affluences désespérément maigres, ces femmes étaient encore bien là, maintenant le cap de la paix contre vents et marées. Reportage réalisé en décembre 2001 et mai-juin 2003
- Photographer
- Pierre-Yves Ginet
- Country
- Israel
- Published
- December 2003
- Images
- 29
- Reference
- 341-50092
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